Ecrire la vie

15 mars 2012

c'est là d'où je viens

Je t'écris à toi, parce que tu n'exites pas et que c'est tellement plus facile. J'ai voulu quitter un petit peu la réalité, m'enfuir lachement le temps de quelques précieuses minutes hors du temps. J'ai mis une de ces musiques, tellement belle et qu'on a entendu dans sa jeunesse. Elle m'a rappelé qu'il y a peu de temps, j'ai bien cru que je ne reverrai pas tout ça. Que je ne rentrerais jamais chez moi. Dans mon jardin ensoleillé en été dans lequel j'ai mangé ou bronzé tellement de fois en famille, dans ces escaliers que j'ai dévalé quatre à quatre depuis l'âge de quatre ans, dans ce petit salon dont l'odeur me rebute toujours autant, dans ma chambre et celles de mes soeurs qui m'ont vue dans tous mes états. Mais j'ai aussi pensé que je ne reverrai pas cette route que j'emprunte tous les matins et d'où, parmi les voitures et camions tous plus pressés les uns que les autres, je regarde toujours le soleil se lever tranquillement; cette route quasi quotidienne en été, qui me mène aux plages en les longeant; ce centre commercial étouffant où l'esprit de Noël se traduit par des regards émerveillés devant les cadeaux, inquiets devant le temps qu'il leur reste pour les acheter ou triste de savoir qu'ils n'auront personne avec qui en partager. Et puis tant d'autres choses m'auraient manqué: ce centre ville plein de rues étroites et conviviales et toutes les habitudes que j'y ai prises, ce grand lycée et son parc immense où il fait tellement bon lézarder au printemps,  ces immenses paysages presque à l'état naturel que je côtoie pour aller voir les anciens de ma famille que je retrouve à des endroits tellement différents. J'ai pensé que je voulais sentir à nouveau, ce vent frais qui me caresse à partir du printemps, quand je prends le vélo, le goût tellement puissant du jambon de Bayonne, de cette soupe à la tomate que ma mère s'acharne à qualifier de régressive; j'ai eu peur de ne plus entendre tous ces oiseaux me réveiller en été, la pluie tomber en trombe sur mes velux pendant ces longues nuits d'hiver, de ne plus jamais rentrer dans cette salle de danse surchauffée que je quitte à pieds, de la musique dans les oreilles après m'être complètement défoulée. Je croyais ne plus jamais vivre la folle ambiance des fêtes de Bayonne ou cette convivialité magique qu'on partage entre des milliers de personnes autour du lac le premier dimanche de mai, ne plus jamais décider sur un coup de tête de faire un tour en Espagne pour manger un bon bout, se balader et voyager facilement.

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Il y a tant de choses que j'ai pensé ne plus revoir, mais surtout tant de gens qui ont rendu tous ces endroits et tous ces moments magnifiques que je n'ai eu qu'une envie en rentrant à la maison: me resservir!

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13 mars 2012

ces regards qui vous voient

C'était un instant tellement étrange. Cette sensation qu'en un regard je me retrouvais découverte, qu'il lui suffisait d'avoir croisé mon regard pour me connaître tout à fait. Un regard réciproque qui me donnait aussi l'impression que je le connaissais déjà complètement. Pourtant ce n'était qu'un tout petit enfant, aux grands yeux bleus qui me disaient "accroche-toi". Et, alors que tout émue, je le couvrais de tendresse, il a continué à me parler sans un mot, simplement grâce à ses pupilles perçantes. Je ne l'ai pas oublié ce regard, perdu dans le flot d'une journée tellement banale, qui venait me rappeler qu'aucun moment n'est banale, et qu'ils sont tous extraordinaires.

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"Tu m’as rencontré à un moment étrange de mon existence." Fight Club

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02 mars 2012

Et le soleil nous sourit

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Parce qu'il existe toujours un moment où l'espoir rejaillit en nous, si loin ait-il été enfoui jusque là. Il nous rattrape doucement et nous donne l'impression soudaine qu'on peut se battre, qu'il y a tant à faire et qu'il n'est que temps de commencer. Et c'est cette sensation que je ressens tout doucement m'envahir pour finalement laisser une lumière fixe dans mon regard et le ventre serré j'ai déjà envie de courir dehors, voir ce qu'il se passe et hurler, dénoncer sans jamais juger. 
C'est un simple instant de lucidité qui me rappelle où nous en sommes tous et les quelques paroles de l'abbé Pierre ou de soeur Emanuelle m'éblouissent de bon sens ou peut-être juste d'amour. Mais comme il est tard, que je suis jeune et que rien ne sert de sortir dans ma rue maintenant, j'écris, je retranscris cette énergie, cette force qui me coupe le souffle et grâce à laquelle je me tiens plus droite. Plus tard, je me relirais et je me souviendrai. 


"Souviens toi d'aimer!" L'Abbé Pierre

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21 février 2012

Je l'ai vu et alors il s'est passé quelque chose d'étrange.
Mon front s'est déplissé, ma respiration restée constante me semblait pourtant plus stable, mes muscles se sont détendus et toutes mes mauvaises pensées se sont envolées. Je lui souriais avant même de m'en rendre compte et j'oubliais mes promesses intérieures. Et c'est la même chose à chaque fois.
Quand je reviens à la raison, j'essaye de me convaincre que je dois arrêter, que je me fais trop de mal toute seule et que je me mets en position de faiblesse en sachant que ça va mal finir. Ca ne commencera même jamais.
N'importe quelle personne sensée dirait que c'est de l'auto-sabotage et j'essaie toujours de m'y résoudre. Je veux me sauver avant que le mal ne soit fait, avant de lui donner mon estime, mon amour et ma confiance car je sais que ce sera du gaspillage et que je me retrouverai, les yeux brouillés, honteuse et déçue.

Mais, chaque fois que nos regards se croisent, tout cela s'efface pour me laisser sourire bêtement, comme un enfant devant la mer.

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"- On a jamais parlé de l'avenir tous les deux. Enfin, je veux dire, de nos deux avenirs.
-Nos deux avenirs... Tu vois, moi, spontannément, j'aurais dit notre avenir... faut croire que le présent devrait me suffir." Jeux d'enfants 


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15 février 2012

Tu es sur mon chemin

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    Je n’aurais pas de mot pour décrire le lien qui m’unie à Agathe. Je crois que je pourrais la considérer comme une amie, une sœur, une cousine et bien plus. Elle fait partie de ces très rares personnes que l’on connait tellement et qu’on aime toujours autant. Je ne pourrais pas faire son portrait sans la décrire comme une fille du monde. Elle a les yeux et la sagesse d’un asiatique. Ses pupilles sont toujours à l’affut du beau et je ne pourrais dire combien de fois je me suis répétée à quel point j’avais de la chance de côtoyer une artiste. C’est aussi des milliards de regards qu’on a échangé de loin parce qu’on avait pas besoin de mot pour dire tout ce qu’on pensait. Elle a la peau dorée et la fidélité d’un arabe. C’est une fille généreuse, toujours là pour partager un peu le malheur quotidien et y trouver sans cesse quelques miettes de bonheur pur. Elle a les boucles noires et le caractère puissant d’une sud-américaine qui sait se reconnaitre des faiblesses et en faire une force avant tout. Elle a les boucles d’oreilles clinquantes et la personnalité chaleureuse d’une espagnole, le gout du hip hop et le sourire blanc d’un américain, l’ironie et la fine ligne d’une française et tant d’autres caractéristiques universelles. Son humour cynique ou candide selon les cas m’apaise autant que son rire contagieux. Ce rire, elle le laisse s’envoler à tout moment, comme pour montrer au reste du monde qu’elle ne baissera pas la tête et qu’elle restera toujours libre. Quand je ferme les yeux pour me remémorer tous les moments qu’on a passé ensemble je ne peux m’empêcher de voir tous ces voyages en scooter à partager de la musique et quelques rayons de soleil. Je repense à toutes ces ballades d’après soirées qu’on a passé à parler de tout et de rien, mais plutôt de tout. Je revis tous ces fous rires aussi naturels que salvateurs et je sais que ceux là ne sont pas prêts de s’arrêter, comme tous ces gros mots qui sortent de la bouche d’Agathe et qui en choquent quelques uns. Moi ils me rassurent parce que je sais qu’ils représentent le côté franc, sans détour de sa personnalité et le fait qu’elle n’est pas prête de se laisser marcher sur les pieds. J’ai vécu tellement avec elle sans que jamais on ne se tire vers le bas, sans aucune rivalité, sans aucune gêne, tout naturellement que j’en fais aujourd’hui ma sœur. Je sais en regardant ses ongles très courts, parfois rongés, qu’elle se pose beaucoup de questions. Cela me fait doucement sourire, comme par compassion, car je ne me fais pas de souci pour elle ; je la connais parfaitement, je sais qu’elle fera les bons choix. Il suffit de voir ses longs pieds posés à plat au sol, pour comprendre qu’elle est consciente de ce qui l’entoure et qu’elle sera toujours là. Il se peut qu’elle ne trouve pas les mots auxquels on s’attend quand on a besoin d’être consolé mais elle est là, et sa simple présence a un parfum de réconfort. Une petite blague, une jolie musique et le moral revient, comme son bronzage au début de l’été. En voyant sa silhouette s’approcher le matin, je me dis qu’en fait aujourd’hui elle fait partie de mes repères, de mon environnement. J’ai besoin d’elle à mes côtés en été comme en hiver, en automne comme au printemps pour laisser à mes jours un goût particulier, tellement doux dans le cœur. Ce gout c’est la délicieuse certitude qu’on a une personne à qui parler, et qu’on sera bien ensemble même dans le silence le plus total.


Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur; elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries" Marcel Proust

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14 février 2012

l'amour c'est plus que des "je t'aime"

La Saint Valentin, cette fête, commerciale pour certains et riche en symboles pour d'autres.

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Jamais je ne l'ai fêtée accompagnée, et pourtant j'ai toujours cru en la beauté de cette journée. La célébration quasi universelle de l'amour, quelle jolie idée. J'ai tant de plaisir en ce jour, à imaginer que les gens continuent de s'aimer, d'avoir des attentions les uns pour les autres. Tous ces couples qui se réunissent autour d'un dîner, des quelques fleurs, de légers baisers et de doux mots. Je les imagine baignés de ce sentiment qui semble si fort et si tranquile à la fois, de se dire qu'on a une valeur inestimable aux yeux d'un autre et que quoi qu'il arrive, on aura connu l'amour avant de mourir, peu importe la fin.
C'est aussi l'occasion pour toutes ces ames "seules" de se plaindre, certes, mais de se rappeler que l'espoir est là et qu'ils finiront bien par connaître cette chaleur dans le coeur. Les gens se souhaitent tout l'amour qu'ils ne sont pas en mesure d'offrir tout de suite et leurs pensées sont déjà comme un baume qui nous rappellerait qu'à défaut de connaître l'amour, on a au moins l'amitié, la vie. 


"L'amour, c'est n'avoir jamais à dire qu'on est désolé." Love Story

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06 février 2012

La lumière ne m'éclaire pas...


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Encore une de ces nombreuses soirées d'hiver. Elle ressemble à toutes les autres, avec ces pieds gelés, ces bouffées de chaleur parce qu'on a enfilé un gros sweat pour éviter de trembler,cette lumière jaune qui ne dissimule pas complètement l'obscurité ambiante. C'est une soirée calme, comme une rivière tranquille qui ne laisse pas penser, en surface, que de forts courants emportent mon esprit dans toutes les directions. Mais une partie de cette soirée subsiste, comme les autres, dans la pénombre et l'appréhension des journées à venir. Parce que mes yeux sombres font mentir mon sourire, dans la peur de ce que tout ça deviendra, de ce que je vais devoir construire.

"Il ne faut pas attendre d'être parfait pour commencer quelque chose de bien."
L'Abbé Pierre 

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05 février 2012

Vivre c'est toujours avec les autres

J'ai toujours eu peur. Peur du noir, peur des ruelles sombres, peur de la solitude, et souvent peur de moi-même... Il paraît qu'en grandissant on apprend à se connaître. Personnellement, j'ai appris à m'apprivoiser même si j'ai gardé ce côté animal, comme une louve qui défend ceux qu'elles aime avec plus de force qu'elle n'en a probablement. Et pour me protéger, j'ai aussi appris à ne pas m'ouvrir, à ne jamais m'attacher complètement, afin que les adieux et les abandons soient plus faciles à supporter.

Et puis, je me suis demandé si c'était vraiment moi tout ça. Je dois avouer que je n'ai pas trouvé de réponse. Evidemment j'ai toujours été plutôt (p)révservée et j'ai rarement donné aux autres l'occasion de me blesser. Mais j'ai aussi toujours aimé partager avec les gens, et j'ai parfois donné ma confiance à de vrais inconnus. Parce qu'il n'y a pas d'attitude "normale", on change à chaque rencontre parce que les autres nous façonnent avec leur bienveillance ou leurs mauvais coups.

"Celui dont la compagnie ne te rend pas meilleur de jour en jour,abandonne-le." Al Muhasibi.


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29 janvier 2012

Dimanche soir

Ce soir fait partie de ces soirées calmes ou le flot d’un week-end rempli nous laisse seul paralysé dans la pénombre. Des tonnes d’images nous traversent l’esprit, des sons plus moins insignifiants, et on se laisse aller à la réflexion. Il n’y a aucun sentiment qui me domine. Je ne suis pas triste, je ne suis pas en colère, aucun sourire n’éclaire mon visage et rien ne me fais paniquer. Juste ce silence qui entoure une musique que j’ai choisi pour préserver ce calme qui m’habite. Et doucement une certaine nostalgie éclot en moi. Elle est là, toute petite, qui me replonge dans ces temps où rien n’était difficile.

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Et puis, comme je sais qu’une longue semaine m’attend, je me reprends en réfléchissant vraiment, sans laisser mon cœur s’emporter. Rien n’a jamais été simple. A tout âge j’ai eu des problèmes, des préoccupations mais surtout des raisons de rire. Il me suffit de réfléchir pour me rendre compte que j’ai ces gens sur qui je peux compter. Pas comme un contrat que chacun aurait signé et qui nous contraindrait à être là, non, plutôt comme une présence rassurante, le reflet de tous ces bons moments qu’on a passé ensemble et qu’on veut s’aider à entretenir. Alors je me rends compte que même quand rien n’est simple, quand j’ai l’impression d’être tellement seule, ces quelques personnes pensent peut-être à moi. Et me voilà prête pour affronter une semaine de plus.


"Peut-être que le bonheur n'est-il qu'un contraste et qu'une foule de petits plaisirs suffisent à parfumer la vie." Alphonse Karr




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25 janvier 2012

On était deux petites filles, simplement là pour passer une bonne semaine en colonie...

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Marie est ma meilleure amie. Qui aurait pu prévoir qu’à l’âge de huit ans, je rencontrerais cette petite fille d’apparence angélique dans un camps d’été et que dix années après nous serions inséparables par la pensée ? Personnellement, je considère cette amitié comme une des merveilleuses poésies de ma vie. Jusqu’à présent, je n’ai vu Marie qu’en été et elle a toujours eu les cheveux blonds, avec des reflets, comme des fils d’or qui se baladent dans la masse pour montrer à quel point elle est précieuse. En pensant à elle, je pense aussi instinctivement à ses yeux, qui passent du vert au noisette aussi rapidement qu’elle passe de l’euphorie au doute. Ils sont comme le miroir de sa personnalité tant ils expriment de choses et il m’arrive de croire qu’elle m’a dit quelque chose alors que je l’ai juste lu dans son iris. Cela dit, on peut aussi la comprendre, en partie, en observant ses paupières, sa peau. On y trouvera du maquillage, parce qu’elle considère qu’on peut être coquette et féministe mais aussi un peu pour attirer l’attention sur autre chose que son manque de confiance en elle. Il lui arrive d’avoir des doutes ou des angoisses ; je me moque d’ailleurs souvent de son côté hypochondriaque qui est aussi touchant qu’absurde. Je dois avouer que je n’ai jamais compris pourquoi elle ne s’acceptait pas complètement mais je suppose que c’est quelque chose qui vient avec le temps, et l’amour des gens qui nous entourent. Sa peau ne porte pas seulement les traces de cette faille intérieure et je me demande parfois si le fait qu’elle soit dorée n’est pas tout simplement du à la personnalité ensoleillée de Marie. Je m’amuse alors à imaginer qu’elle embaume la pièce de monoï de jasmin rien que par sa présence. Et puis, chaque fois que je la retrouve, je suis frappée par la vraie odeur qu’elle dégage. Cette odeur c’est celle de l’amitié, la vraie, qui accepte, comprend et soutient. Son nez qu’elle trouve trop gros, a toujours su sentir mes baisses de moral ou les moments difficiles que j’ai du traverser. Alors je n’ai jamais été seule. Ses petites mains au bout desquelles dansent des ongles colorés, reflètent sa spontanéité et quand mon imagination me joue des tours, je vois un cœur en or à l’intérieur. Je me rappelle vite que ce n’est qu’une image et ça me rassure parce qu’alors je sais qu’elle aura toujours une main disponible à me tendre pour me montrer qu’elle ne m’abandonnera pas. Elle a toujours su me cerner et jamais je ne me suis sentie amoindrie ou rejetée à ses côtés, c’est peut-être ça qui fait que même si on s’est connues en une semaine il y a neuf ans et demi, on ne s’est plus quittées. Quand je pense à elle je vois aussi cette petite tâche de naissance qu’elle a sur le menton, presque invisible ou à ses pieds qu’elle arrive à manier comme des mains, et avec lesquels elle s’amuse à m’attaquer pour me faire rire. J’aperçois aussi ses petites oreilles qui la rendent si attentionnée et auxquelles pendent souvent des grosses boucles d’oreilles éclatantes. Il me serait impossible de ne pas m’attarder sur la description de son sourire. Ce sont des lèvres rougies qui s’ouvrent sur ses dents qu’elle imagine trop grandes. Moi je pense que des dents qui sourient ne sont jamais trop grandes. Elle laisse jaillir un éclat de rire qui m’entoure et me fait tourner la tête jusqu’à ce que, moi aussi, j’explose dans l’euphorie d’un rire salutaire. Quand il m’arrive de me dire que finalement, nous ne sommes encore que des enfants et qu’il se pourrait qu’on s’éloigne pour devenir un jour deux inconnues, je me rappelle la mélodie de son rire et alors, j’ai la certitude que c’est tout simplement impossible. Sa petite silhouette me rappelle comment l’homme n’a parfois rien à voir avec ce qu’il laisse voir. Cette fille est dotée d’une grandeur d’âme et d’une ouverture d’esprit qui m’ont souvent impressionnées, comme la quantité d’amour qu’elle a à donner malgré son mètre cinquante-sept. Aujourd’hui, j’ai passé l’âge de promettre l’éternité mais je jure que je considérerai toujours notre amitié comme parfaite et que je la garderai gravée en moi, pour me rappeler que deux êtres, s’ils sont différents, peuvent tisser des liens indestructibles.

Joyeux anniversaire ma plus belle, déjà 18 ans. Un simple je t'aime ne suffirait pas, c'est bien plus que ça... 

  « Il est des êtres dont c'est le destin de se croiser.
                               Où qu'ils soient.
                               Où qu'ils aillent.
                               Un jour, ils se rencontrent. »
                                                                                                 C. Gallay


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